À Lourdes, Léon XIV marche dans la nuit avec les pèlerins : « La lumière de l’espérance ne s’éteint jamais »
Un cierge à la main, le pape achève sa journée à Lourdes en pèlerin parmi les pèlerins.
27 septembre 2026 · Saint du jour : saint Vincent de Paul
Résumé en latin
Nocte diei XXVII Septembris, Leo XIV, cereum manu tenens, una cum multitudine peregrinorum processionem Marianam Lapurdensem participavit. Post imaginem Beatae Mariae Virginis ambulans, Pontifex de lumine spei meditatus est quod in tenebris numquam exstinguitur. Peregrinos hortatus est ut, etiam post discessum e sanctuario, iter fidei perseveranter prosequantur. Ita dies Lapurdensis, precatione, conversione, cura infirmorum atque reconciliatione insignis, sub lumine Immaculatae conclusus est.
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Un pape qui voulait faire la procession
Ce n'était pas seulement une dernière cérémonie inscrite au programme.
Léon XIV voulait marcher.
Le recteur du sanctuaire l'avait confié avant sa venue : le pape avait exprimé personnellement son désir de « faire la procession ». Ce dimanche soir, il l'a effectivement faite.
À 21 heures, au cœur du sanctuaire Notre-Dame de Lourdes, Léon XIV a rejoint les pèlerins pour la prière du Rosaire et la traditionnelle procession mariale aux flambeaux. Il ne s'est pas contenté de regarder passer la foule depuis une tribune.
Un cierge à la main, il a marché derrière la statue de Notre-Dame de Lourdes.
Autour de lui, les lumières des pèlerins dessinaient dans la nuit cette image familière de Lourdes que des générations de malades, d'hospitaliers et de pèlerins ont connue avant lui.
Pour le dernier grand rendez-vous de sa journée, le pape a choisi de devenir simplement l'un d'entre eux.
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Marcher derrière Marie
La disposition même de la procession disait déjà quelque chose.
Devant, la Vierge.
Derrière, le peuple.
Et parmi ce peuple, l'évêque de Rome.
Cette place correspond assez exactement à ce que Léon XIV avait commencé à vivre dès son arrivée à Lourdes, samedi soir. À la grotte de Massabielle, il s'était recueilli devant Notre-Dame et lui avait confié la France, demandant notamment pour le pays « le don de la concorde fraternelle ».
Ce dimanche soir, il ne s'agissait plus seulement de s'arrêter devant Marie.
Il fallait marcher avec elle.
Le pape a ainsi suivi la procession comme le font chaque soir les pèlerins de Lourdes : lentement, dans la prière, au milieu des chants et des lumières.
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Une lumière au milieu de la nuit
C'est précisément cette lumière qui a fourni à Léon XIV le fil conducteur de sa méditation finale.
Les cierges de Lourdes ne suppriment pas la nuit.
Ils la traversent.
La foi chrétienne, dans la méditation proposée par le pape, n'est donc pas la promesse d'une existence dans laquelle l'obscurité aurait disparu. Elle est une lumière suffisamment forte pour permettre de continuer à avancer lorsque cette obscurité demeure.
Cette image prend une profondeur particulière après la journée vécue à Lourdes.
Léon XIV a rencontré les malades et les personnes handicapées. Il a entendu la souffrance. Il a rencontré des personnes victimes de violences commises dans l'Église. Il a parlé aux évêques des blessures qu'il faut reconnaître et soigner.
Et le soir, il marche dans la nuit avec une petite flamme entre les mains.
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L'espérance n'est pas l'absence d'épreuve
Toute la journée du pape à Lourdes aura finalement été traversée par ce même mot : espérance.
Le matin, devant les pèlerins réunis pour la messe sur la prairie, Léon XIV leur avait lancé :
« Vous ne repartirez pas de Lourdes comme vous y êtes arrivés : vous repartirez en missionnaires de l'espérance ! »
Il avait défini Lourdes comme ce lieu capable de faire naître « la joie de l'espérance au cœur même de l'épreuve et de la peine ».
Le soir, les cierges donnent presque une forme visible à cette affirmation.
L'espérance chrétienne ne nie pas l'épreuve.
Elle permet d'y avancer.
La lumière ne signifie pas que la nuit n'existe plus.
Elle signifie que la nuit n'a pas le dernier mot.
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Après Lourdes, continuer à marcher
C'est peut-être ici que se trouve le cœur du message de cette dernière soirée.
Une procession finit toujours par s'arrêter.
Les pèlerins retournent dans leurs hôtels, leurs trains, leurs voitures. Les cierges s'éteignent. Les chants cessent. Puis chacun retrouve son quotidien.
Léon XIV invite précisément les pèlerins à ne pas considérer Lourdes comme une parenthèse spirituelle.
Ce qui a été reçu ici doit continuer ailleurs.
La marche commencée au sanctuaire doit se poursuivre dans les familles, les paroisses, les lieux de travail, auprès des malades, des personnes isolées et de tous ceux qui traversent une forme de nuit.
La procession devient ainsi l'image de la vie chrétienne elle-même.
Il faut continuer à marcher lorsque le sanctuaire s'éloigne.
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Marie ne retient pas les pèlerins à Lourdes
Léon XIV place naturellement Marie au centre de cette marche.
Mais la Vierge de Lourdes ne rassemble pas les pèlerins autour d'elle pour les retenir.
Elle les conduit au Christ.
C'est pourquoi la procession n'est pas un aboutissement. Elle prépare un départ.
Cette conception rejoint directement l'envoi missionnaire formulé pendant la messe : les pèlerins doivent repartir de Lourdes différents de la manière dont ils y sont arrivés.
Ils sont venus avec leurs intentions, leurs maladies, leurs deuils, leurs interrogations et leurs espérances.
Ils doivent repartir avec une mission.
Porter à leur tour une lumière.
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Le Rosaire pour la paix
Cette procession possède également une autre dimension.
À l'issue de la messe de ce dimanche, avant l'Angélus, Léon XIV avait lancé depuis Lourdes un appel qui doit maintenant dépasser largement les frontières du sanctuaire.
Le pape demande à tous les fidèles et à toutes les communautés chrétiennes de prier le Rosaire pendant le mois d'octobre, avec une intention particulière : que les guerres cessent et que la paix puisse s'établir entre les peuples en conflit.
Il ne souhaite cependant pas que cette prière demeure abstraite.
Léon XIV demande de l'accompagner d'« actes concrets de pénitence et de miséricorde », ainsi que d'un engagement en faveur du dialogue et de la réconciliation.
Le Rosaire récité ce soir à Lourdes apparaît donc comme le commencement d'une prière que le pape souhaite désormais voir prolongée dans toute l'Église pendant le mois qui vient.
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Une journée commencée avec les évêques
La procession clôt une journée exceptionnellement dense.
Ce matin, Léon XIV avait commencé par rencontrer les évêques de France.
Son message était résolument missionnaire.
Il les a exhortés à ne pas se décourager devant les difficultés rencontrées par l'Église, mais à faire preuve de « courage, d'audace et de créativité missionnaires ».
Et surtout :
« Ne vous lassez pas d'annoncer l'Évangile ! »
Le pape a également insisté sur la place de l'Église dans la société française. Selon lui, son histoire appartient profondément à celle du pays et sa parole conserve une place dans le débat public.
Il a ainsi invité les catholiques français à regarder leur héritage non comme un musée à conserver, mais comme une responsabilité pour l'avenir.
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Les malades au cœur de Lourdes
Dans l'après-midi, le ton avait changé.
À l'Accueil Notre-Dame, Léon XIV s'est adressé directement aux malades, aux personnes handicapées, aux hospitaliers et aux soignants.
« Vous n'êtes pas un poids, vous êtes le cœur battant de notre humanité et un trésor précieux pour l'Église », leur a-t-il déclaré.
Le pape a également développé un message très ferme sur la dignité de la vie humaine et la mission des soignants.
À Lourdes, a-t-il affirmé, la fragilité n'est pas dissimulée : elle devient « le lieu d'une rencontre sacrée ».
Il a appelé les professionnels de santé à « veiller sur la personne souffrante et non pas la supprimer », tout en encourageant le développement des soins palliatifs, de la recherche et de l'accompagnement des malades.
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Les blessures de l'Église elle-même
Puis vint l'un des moments les plus douloureux de cette journée.
Léon XIV a rencontré en privé sept personnes victimes de violences commises dans l'Église.
Après avoir parlé le matin aux évêques de la nécessité de reconnaître les fautes et de panser les blessures, le pape a donc consacré une partie de son après-midi à écouter ceux qui portent précisément ces blessures.
Cette séquence empêche de réduire la journée de Lourdes à une succession d'images pieuses.
La lumière des cierges de ce soir vient après la parole des victimes.
L'espérance dont parle Léon XIV n'est donc crédible que si elle accepte également la vérité, la justice et la conversion.
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De la grotte aux flambeaux
Il faut finalement regarder les deux soirées de Léon XIV à Lourdes ensemble.
Samedi soir, immédiatement après son arrivée, le pape était allé à la grotte de Massabielle.
Dans le silence, il avait prié devant la Vierge et lui avait confié la France.
Dimanche soir, il repart de la grotte non plus seul dans le recueillement, mais au milieu d'un peuple en marche.
Entre les deux se trouve toute une journée : les évêques, la messe, les malades, les hospitaliers, les contemplatives, les personnes précaires, les victimes d'abus et maintenant les pèlerins.
Le séjour à Lourdes forme ainsi une sorte de mouvement.
Arriver.
Se recueillir.
Écouter.
Célébrer.
Rencontrer la souffrance.
Reconnaître les blessures.
Puis repartir.
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Un cierge dans la nuit
L'image restera probablement parmi les plus simples de ce voyage en France.
Léon XIV n'est ni derrière un pupitre, ni devant un chef d'État, ni au milieu des fastes d'une cathédrale.
Il marche.
Dans la nuit.
Un cierge à la main.
Devant lui se trouve la Vierge de Lourdes. Autour de lui marche le peuple.
Et cette petite flamme résume peut-être mieux que beaucoup de discours le message qu'il aura voulu laisser à Lourdes.
La foi ne promet pas que nous ne connaîtrons plus la nuit.
Elle nous donne une lumière pour la traverser.
Demain, Léon XIV quittera Lourdes pour la dernière étape de son voyage en France.
Les cierges, eux, seront éteints.
Mais la mission confiée aux pèlerins commence précisément là :
porter ailleurs la lumière reçue à Lourdes.
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Sources
Vatican News, 27 septembre 2026, « Léon XIV, au milieu des pèlerins pour la procession aux flambeaux ».
Saint-Siège, 27 septembre 2026, prière du Saint Rosaire et procession aux flambeaux au sanctuaire Notre-Dame de Lourdes.
Vatican News, 27 septembre 2026, messe à Lourdes et envoi des pèlerins comme « missionnaires de l'espérance ».
Saint-Siège, 27 septembre 2026, Angélus et appel à réciter le Rosaire pour la paix pendant le mois d'octobre.
Saint-Siège, 27 septembre 2026, discours de Léon XIV aux évêques de France.
Saint-Siège, 27 septembre 2026, rencontre avec les malades et les personnes accueillies à l'Accueil Notre-Dame.
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Pour aller plus loin
□ Léon XIV en France : Lourdes affiche complet, les foules sont déjà au rendez-vous
□ France : cette soif de Dieu que les statistiques ne prévoyaient pas
□ Léon XIV en France : un voyage déjà hautement symbolique
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