Léon XIV : aimer Dieu, secourir les peuples et désarmer les cœurs
À l’Angélus, Léon XIV unit l’amour du prochain à ses appels pour la paix au Yémen, en Jordanie et à Assise.
25 octobre 2026 — À l’Angélus, le pape rappelle que l’amour de Dieu est inséparable de l’amour du prochain et appelle à la paix au Yémen, en Jordanie et dans le monde.
Résumé en latin
Die XXV Octobris MMXXVI, Leo Papa XIV, in oratione Angelica, de duobus maximis mandatis disseruit: diligere Deum ex toto corde et proximum sicut se ipsum. Caritatem veram ex amore Dei nasci affirmavit. Deinde bellum in Iemenia deploravit, pro victimis impetus terroristici in ecclesiam orthodoxam Iordaniae oravit atque fideles hortatus est ut conventui Assisiensi pro pace spiritualiter se coniungerent. Pacem in dialogo, iustitia et fraterno amore quaerendam esse admonuit.
« On ne peut aimer Dieu sans aimer son prochain »
Ce dimanche 25 octobre 2026, le pape Léon XIV est apparu à la fenêtre du Palais apostolique pour la prière de l’Angélus, devant environ 20 000 fidèles rassemblés place Saint-Pierre.
Poursuivant progressivement ses activités après son hospitalisation, le souverain pontife a consacré sa méditation à l’Évangile selon saint Matthieu (22, 34-40).
Un docteur de la Loi demande à Jésus quel est le plus grand commandement. Le Christ répond en rappelant l’amour dû à Dieu, avant d’y associer immédiatement l’amour du prochain.
« Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. »
Puis vient le second commandement :
« Tu aimeras ton prochain comme toi-même. »
Pour Léon XIV, ces deux commandements ne constituent pas deux obligations indépendantes. Ils procèdent d’une même source et expriment le cœur de la vie chrétienne.
La foi ne peut se limiter à reconnaître l’existence de Dieu, sa puissance ou son unicité. Elle suppose une véritable relation personnelle avec lui.
Le pape souligne ainsi que Dieu ne demande pas seulement à être connu, mais à être aimé.
L’amour ne se commande pas
Léon XIV insiste sur une dimension essentielle de l’enseignement du Christ : l’amour authentique ne résulte pas d’une simple contrainte extérieure.
« On ne peut en effet pas aimer “sur commande”. »
Le commandement de l’amour ne doit donc pas être compris comme une obligation juridique imposée à la volonté humaine.
Il correspond au désir profond de l’homme, appelé à trouver son accomplissement dans la communion avec Dieu.
Le pape rappelle que l’amour divin précède toujours la réponse humaine. Le chrétien n’aime pas Dieu pour obtenir son affection, mais parce qu’il se découvre déjà aimé de lui.
Cette relation transforme également le regard porté sur les autres.
Celui qui apprend à regarder son prochain avec les yeux du Christ ne peut plus se satisfaire d’une foi enfermée dans la seule pratique religieuse.
L’amour de Dieu devient alors charité, attention aux autres et don de soi.
Sainte Thérèse de Lisieux : sans amour, la foi devient moralisme
Pour approfondir cette méditation, Léon XIV s’appuie sur les écrits de sainte Thérèse de l’Enfant-Jésus.
La carmélite de Lisieux avait compris que l’amour constitue le principe intérieur de toute activité chrétienne.
Sans lui, même les œuvres les plus généreuses risquent de perdre leur véritable signification spirituelle.
Le pape résume cette conviction avec une grande netteté :
« Sans lui, en effet, notre foi serait privée de son contenu, nos bonnes œuvres se réduiraient à du moralisme, notre espérance serait vaine. »
Cette distinction mérite d’être soulignée.
La morale chrétienne ne consiste pas uniquement à respecter un ensemble de prescriptions. Elle trouve son fondement dans une relation vivante avec Dieu et dans la charité envers autrui.
La prière, les sacrements, la mission et les œuvres de miséricorde ne prennent pleinement leur sens que lorsqu’ils sont animés par l’amour.
Léon XIV ne relativise donc pas les exigences morales du christianisme. Il rappelle plutôt leur principe fondamental.
Le pape conclut sa méditation en demandant à Dieu la grâce d’un cœur nouveau, capable d’accueillir et de vivre le grand commandement de l’amour.
Yémen : un appel pressant à la fin des hostilités
Après la prière de l’Angélus, Léon XIV s’est tourné vers la situation internationale.
Le souverain pontife a exprimé sa profonde inquiétude concernant la crise humanitaire au Yémen, particulièrement dans la ville de Taïz.
Les populations civiles y subissent de graves privations, notamment en matière d’alimentation, d’approvisionnement en eau et de soins médicaux.
Face à cette situation, le pape a lancé un appel explicite :
« Je lance un appel pressant pour que cessent les hostilités et que le peuple yéménite, ainsi que tous les peuples de la région, puissent vivre en paix. »
Le conflit yéménite, qui se prolonge depuis plus d’une décennie, a provoqué d’importantes destructions et de profonds déplacements de population.
Malgré les efforts diplomatiques entrepris ces dernières années, les civils demeurent particulièrement vulnérables.
En évoquant Taïz, Léon XIV rappelle que la guerre ne se mesure pas seulement aux évolutions militaires, mais également à ses conséquences sur la vie quotidienne des habitants.
Le manque de nourriture, l’absence de soins et la destruction des infrastructures constituent autant de souffrances qui frappent directement les populations les plus fragiles.
Cette intervention s’inscrit dans la continuité des appels du Saint-Siège en faveur de la protection des civils et de l’accès à l’aide humanitaire.
Jordanie : solidarité avec les chrétiens orthodoxes victimes du terrorisme
Le pape a également exprimé sa proximité avec les victimes de l’attentat perpétré le vendredi 23 octobre contre les fidèles de l’église orthodoxe Saint-Georges, à Hamoud, en Jordanie.
Léon XIV a assuré de ses prières les personnes tuées ou blessées au cours de cette attaque.
Il a également manifesté sa solidarité avec la communauté orthodoxe touchée par cette violence.
Le souverain pontife a tenu à rappeler que la Jordanie est traditionnellement reconnue pour la coexistence pacifique entre ses différentes communautés religieuses.
Cette précision souligne la gravité particulière d’un attentat frappant des fidèles réunis dans leur lieu de culte.
La solidarité exprimée par Léon XIV possède aussi une dimension œcuménique.
Au-delà des différences qui demeurent entre les Églises catholique et orthodoxes, les chrétiens partagent une même foi fondamentale au Christ et une commune responsabilité de témoigner de l’Évangile.
La violence dirigée contre une communauté chrétienne appelle ainsi à une fraternité qui dépasse les divisions confessionnelles.
Assise : quarante ans après Jean-Paul II, poursuivre la recherche de la paix
Le troisième appel du pape concerne la rencontre interreligieuse qui se tiendra le 27 octobre à Assise, en Italie.
Cette manifestation marquera le quarantième anniversaire de la Journée mondiale de prière pour la paix organisée par saint Jean-Paul II le 27 octobre 1986.
À cette occasion, le pape polonais avait réuni des représentants de nombreuses traditions religieuses dans la ville de saint François.
L’objectif n’était pas d’effacer les différences doctrinales ni d’organiser une prière religieuse commune indifférenciée, mais de manifester que les croyants pouvaient contribuer à la paix.
Quarante ans plus tard, cet héritage conserve toute son actualité.
Léon XIV devait initialement participer à la rencontre organisée par la Communauté de Sant’Egidio, sous le thème « Paix désarmée et désarmante ».
Cependant, les médecins lui ont recommandé de renoncer au déplacement afin de poursuivre sa convalescence après son opération pulmonaire du 13 octobre.
Le pape a néanmoins invité les fidèles à s’unir spirituellement aux responsables religieux qui se réuniront à Assise.
Il a particulièrement insisté sur les conséquences humaines et matérielles des conflits :
« Jamais cela n’a été aussi évident qu’aujourd’hui : les guerres, en plus de semer la mort et la destruction, appauvrissent et nuisent au monde. »
Léon XIV appelle donc à rechercher des solutions fondées sur le dialogue plutôt que sur la poursuite des affrontements.
De l’amour du prochain à la paix entre les peuples
L’enseignement spirituel de l’Angélus et les appels internationaux qui l’ont suivi présentent une profonde cohérence.
Dans l’Évangile, Jésus rappelle que l’amour du prochain est inséparable de l’amour de Dieu.
Quelques instants plus tard, Léon XIV évoque concrètement les souffrances des populations du Yémen, les victimes d’un attentat en Jordanie et les efforts interreligieux pour la paix.
Cette succession ne relève pas simplement de deux dimensions différentes du ministère pontifical.
Elle illustre une conviction centrale de la foi chrétienne : la charité ne peut demeurer une idée abstraite lorsqu’elle rencontre la souffrance humaine.
Le pape ne présente pas l’amour chrétien comme une réponse technique à l’ensemble des conflits politiques.
Il rappelle cependant qu’aucune recherche authentique de la paix ne peut ignorer la dignité des personnes, leur sécurité et leurs besoins essentiels.
La paix ne dépend pas uniquement de la diplomatie ou des équilibres militaires. Elle exige également une transformation des relations humaines.
C’est dans cette perspective que prennent tout leur sens les paroles de Jésus sur les deux grands commandements.
Aimer Dieu engage le croyant à reconnaître dans son prochain une personne digne de respect, de compassion et de solidarité.
Un pape convalescent, mais toujours attentif aux conflits du monde
Depuis sa sortie de l’hôpital Gemelli, Léon XIV poursuit une reprise progressive de ses activités publiques.
Son état de santé lui impose encore certaines précautions, notamment concernant les déplacements.
Il demeure néanmoins présent à travers ses audiences, ses enseignements et ses interventions diplomatiques.
Après ses démarches humanitaires concernant l’Ukraine, ses nouveaux appels pour le Yémen, la Jordanie et Assise confirment l’importance accordée à la paix dans cette première période de son pontificat.
L’Angélus du 25 octobre en donne une expression particulièrement claire.
On ne peut prétendre aimer Dieu tout en demeurant indifférent aux souffrances du prochain.
Et cette exigence, pour Léon XIV, concerne aussi bien les relations personnelles que les responsabilités des peuples et de leurs dirigeants.
Sources
Saint-Siège — Texte intégral de l’Angélus du 25 octobre 2026
Vatican News — Appels du pape pour le Yémen, la Jordanie et Assise
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